Une expérience accompagnée par la coopérative Courant d’Air
La coopérative Courant d’Air lance une campagne d’information sur la voiture électrique partagée dans plusieurs communes de l’est de la Belgique. Elle propose aux citoyens de les accompagner dans la création de groupes locaux de partage d’un véhicule électrique. Des réunions d’information sont prévues dans plusieurs communes de l’arrondissement. La première aura lieu à Waimes, site historique pour cette coopérative citoyenne de production d’énergie renouvelable locale.
« C’est le moment d’essayer autre chose, non ? », lance Achim Langer, administrateur délégué de Courant d’Air. « Après une course en avant des prix de l’énergie, la prochaine étape sera peut-être la pénurie ? Pour sécuriser la mobilité et le budget de leur ménage, nous proposons aux citoyens de mettre une voiture en commun, électrique de préférence. Comment ? Selon quelle organisation ? Avec quelles personnes ? Dans un groupe ouvert ou fermé ? C’est justement cela que nous voulons discuter avec eux, pour créer des solutions locales et sur mesure. »
Patrick Bartholomé, responsable de la communication de la coopérative, ajoute : « Réduire le nombre de voitures en circulation et les alimenter en énergie renouvelable est une des façons de freiner le dérèglement climatique. Certes, les objectifs de l’autopartage paraissent bien secondaires en regard des désastres que notre région a connus lors des inondations, des canicules à répétition, de l’incendie historique des Fagnes, et la semaine dernière encore, lors de la tornade à Jalhay et Bullange. Mais ces objectifs de l’autopartage sont pourtant parfaitement alignés avec un objectif prioritaire : agir maintenant pour que les catastrophes liées au climat ne se reproduisent pas. »
Réunions d’information dans les communes
La coopérative prépare une série de réunions d’information organisées sur une dizaine de communes : d’abord Waimes, Büllingen (Bullange), Raeren et Amel (Amblève), suivies bientôt par Bütgenbach, Vielsalm, Saint-Vith… plus une demi-douzaine d’autres communes qui pourraient rejoindre l’initiative par la suite. Cette opération a lieu en partenariat avec l’ASBL Movia (ex-Fahrmit), avec le soutien financier de la Région wallonne et avec l’aide des communes pour l’organisation.
Objectif des réunions : présenter le principe et les avantages de l’autopartage, une solution de mobilité déjà utilisée dans de nombreuses régions. Le principe est simple : plusieurs personnes utilisent un même véhicule tour à tour lorsqu’elles en ont besoin, ce qui permet de réduire les coûts liés à l’achat, à l’entretien et à l’utilisation d’une voiture tout en conservant – ou en retrouvant – une liberté de déplacement.
Dans les zones rurales, où la voiture reste souvent indispensable, cette formule peut constituer une réponse complémentaire aux besoins de mobilité. Elle s’adresse notamment aux personnes qui utilisent peu leur véhicule, aux personnes qui souhaitent disposer d’un véhicule sans en supporter seules tous les coûts, aux ménages qui envisagent de remplacer une deuxième voiture par l’autopartage, ou aux personnes qui souhaitent amortir les coûts d’un véhicule en le partageant.
Beaucoup de questions concrètes se posent
Comment gérer la réservation, l’assurance, les recharges et entretiens, les relations entre utilisateurs (contrat, règlement d’ordre intérieur…) ? Quelles sont les attentes, réticences et les suggestions des personnes intéressées ? Quel est le retour d’expériences des groupes d’autopartage déjà en cours ? Tous ces points seront abordés dans une première série de réunions publiques d’information générale.
« Ensuite, explique Achim Langer, les personnes vraiment intéressées seront invitées à former un groupe de travail pour voir comment concrètement un groupe d’autopartage pourrait être mis sur pied dans leur quartier ou leur village. Nous accompagnerons ces groupes dans leur démarche, de diverses façons, pendant plusieurs mois. »
Cet accompagnement est gratuit, il fait partie des missions de sensibilisation à la transition énergétique que Courant d’Air s’est fixées, dans le cadre de son statut d’entreprise sociale agréée. « Notre intervention est financée par les “Bourses coopératives” de la Région wallonne, un dispositif de soutien de l’économie sociale et des coopératives citoyennes », précise l’administrateur délégué.
Prochaines réunions – s’inscrire sans engagement
- (FR) Waimes – 27 août 2026 à 19h30 (Maison communale, salle du Conseil, Place Baudouin 1, 4950 Waimes)
- (DE) Büllingen (Bulange) – 17 septembre 2026 à 19h30 (Maison communale, salle du Conseil, Hauptstraße 16, 4760 Büllingen)
- (DE) Raeren – 22 septembre 2026 à 19h30 (Dorfhaus Eynatten, Lichtenbuscherstraße 25, 4731 Eynatten)
- (DE) Amel (Amblève) – 24 septembre 2026 à 19h30 (Maison communale, salle du Conseil, Wittenhof 9, 4770 Amel)
- (FR) Vielsalm – en janvier 2027, à préciser.
Entrée gratuite. Inscription souhaitée sur https://mobil.courantdair.be ou au 080 216 944 (DE et FR).
Sur ce site, les personnes intéressées peuvent s’inscrire à la réunion de leur choix, même dans une autre commune que celle où ils résident, si la date ou la langue leur conviennent mieux. Elles peuvent aussi manifester leur intérêt par formulaire et demander à être tenues au courant des prochaines dates.
Belgique : championne d’Europe du partage de voitures
Partager une voiture, c’est réduire le besoin d’un second véhicule ou même supprimer le besoin de posséder un véhicule. Même dans un milieu rural, l’autopartage est possible. Il répond d’ailleurs à l’insuffisance structurelle des transports publics. Certaines communes l’ont bien compris qui créent des services de taxi social, des services de chauffeurs bénévoles pour seniors ou encore qui s’organisent pour mettre les voitures de service à disposition du public après les heures de travail du personnel communal.
Cette nouvelle façon d’envisager son rapport à la voiture considère la mobilité comme un service à emprunter et non plus comme un investissement à réaliser. La Belgique est en pointe européenne en ce domaine avec 6,5 voitures partagées pour 10 000 habitants, devant l’Allemagne (5,4), les Pays-Bas (5,2), la France (2,1) et l’Italie (1,5).
